Les forêts pyrénéennes.

La forêt pyrénéenne constituait la principale richesse des hautes vallées.

Spécialement aux XIIIè, XVIè,XVIIIè et XIXè siècle, elle fut victime de grands défrichements

En 1616, les dommages dus aux guerres de religion paraissaient encore plus flagrants.

En 1667, année ou Colbert reçoit la direction des affaires forestières du royaume, le comble de la décadence est constaté.

Henri IV s'irritait du fait que, dans les forêts du Comminge et de haute vallée de l'Aure,«tout le profit et commodité en demeure aux dits marchands qui font les dits afforestements». Les communautés tiraient peu de bénéfice de ces ventes. la raréfaction des zones boisées dans le piémont entraînant une forte hausse des prix du bois, les hautes vallées reçoivent de plus en plus fréquemment la visite de commerçants souvent habiles, qui profitaient de l'insouciance ou des difficultés matérielles d'une communauté pour dévaster ses réserves forestières.

SOULET, J.FR., Lavie quotidienne dans les Pyrénées sous l'Ancienc Régime, du XVIè au XVIIIè siècle, Hachetteéd., Paris 1974, p. 123 à139.

Le transport du bois après le débardage était réalisé par flottage. «Au milieu du XVIIIè siècle, huit cent radeaux de bois d'oeuvre,, venus de la vallée d'Aure, du haut Comminges, de la Barouuse, de l'Aran ou du Couserans, passaient chaque année à Cazères, descendant vers Toulouse ou Bordeaux...»

BOURRET,C., Les Pyrénées centrales du IXè au XIXèsiècle, 1995 Aspet, éd., Pyrégraph.

Même flottage dans les Pyrénées occidentales, à partir de la forêt d'Iraty: «Transitant par le port fluvial de Peyehorade, les bois gagnaient souvent Bayonne.»

La vallée de l'Aude était également utilisée pour le flottage.

Les forges catalanes, grandes dévoreuses de combustible tarissaient les ressources locales et ont contribué à leur extintion.

Le bois serait à tout, à la construction des maisons, des charpentes, à la confection des outils et des sabots. c'était le seul combustible.

La forêt offrait aussi un refuge privilégié, une réserve de nourriture. Frontière et obstacle, c'était aussi un passage.

Contrairement à certaines idées. «Ce n'est pas à la transhumance qu'il faut incriminer le déboisement sauvage et inorganisé, mais bien à l'essor immense de l'industrie des mines et des constructions navales.»

LE NAIL, J.-Fr., SOULET, J.-Fr., Bigorre et 4 vallées, Sociét nouvelle d'édition régionale et de diffusion, Pau, 1981, 2 tomes.

Par arrêté du 29 mars Colbert fait défense à tout seigneur et propriétaires des bois et forêts d'abattre aucun bois de haute futaie, baliveaux sur taillis, sapins ou autres arbres, qu'il n'aient été vus par les commissaires de la Marine et que sa Majesté n'en ait accordé la permission, sous peine de trois mille livres d'amende et de confiscation.»

Collectif, Forêt pyrénéenne, Op. cit., Extrait du dictionnaire raisonné des Eaux et forêts (1769)

L'époque de la Mâture fut le temps majeur de l'exploitation forestière des Pyrénézs, l'apogée d'une "mise en valeur" de la forêt locale par des «gens du dehors»... Et la dégradation la plus grave parce que la plus systématique, considère Pierre Minville. Les zones les plus touchées par les coupes furent le Comminges, la vallée d'Aure et celle d'Aspe, le Barétous et la forêt d'Iraty. L'objectif était le sapin au fût de cent pieds. «On estime aujourd'hui que 12 300 mâts avaient déjà été tirés des Pyrénées en 1667. Et ce n'était que le début»

MINVIELLE, P., Les Pyrénées des quarante vallées, Denoël éd., 1980 Paris, p.157

Le hêtre est recherché aux XVII et XVIIIè siècle. La coupe du hêtre est interdite lorsqu'ils étaient propres à faire des rames de galère.

La forêt d'Itaty est réputée por être la plus grande hêtraie de d'Europe 17 300 hectares à cheval entre basse Navarre, Soule et Navarre.

Archives départementales de la Haute-Garonne. AD31,B, MQ, A2, 8 mai1670, f° 31 v°

Doct.d'Hist.de l'Art CLOUZET-LLORENS uni.Toulouse le Mirail Nov 1999

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